Les Marches Folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse

Les Marches de l'Entre-Sambre-Et-Meuse

En avant, Marche!

Une « marche » est une procession religieuse accompagnée d’une escorte armée.

Au moyen-Age, les Saints Patrons des villages faisaient l’objet d’une  procession pour invoquer leur protection. L’escorte militaire qui les accompagnait avait pour but d’en rehausser l’éclat mais aussi de préserver les pèlerins contre les bandes de malfaiteurs qui rôdaient à cette époque dans nos contrées.

Ensuite, les escortes se vêtirent des costumes abandonnés par les troupes de Napoléon après la défaite de Waterloo.

 

Actuellement, ces processions ont toujours lieu. Le jour de la marche est un jour de fête au village : les marcheurs, les enfants, les épouses, les amis sont tous rassemblés dans une ambiance festive.

L’entité de Walcourt est riche de 12 marches dont 4 reconnues par l’UNESCO comme chef-d’œuvre du patrimoine immatériel de l’humanité:

la Saint-Eloi de Laneffe, la Saint-Fiacre de Tarcienne, la Saints Pierre et Paul de Thy-le-Château et la Trinité de Walcourt.

Créée en 1856 afin de participer à la procession en l’honneur de Saint-Fiacre dont le culte aurait été implanté dans la paroisse vers 1675 à l’instigation du curé Du jardin. Ce dernier, guéri du choléra après un pèlerinage à Meaux, aurait rapporté la relique du Saint. Cette relique est naturellement portée lors de la procession.

C’est en 1977 qu’il fut décidé de créer une compagnie locale du nom de la patronne de la paroisse, priée pour les maladies des yeux.

Sainte-Remfroid vécut vers les années 800 dans le nord de la France. C’est la piété populaire qui fit sortir Remfroid de l’anonymat pour la vénérer comme une sainte à l’exemple de sa vie. Le plus célèbre de ces miracles est celui d’Ava, cette dame aveugle. Pour guérir, elle priait sur les tombeaux des saints et saintes des environs. Un jour, elle vint à Denain, rencontra Remfroid et recouvra la vue. Sur la place de Denain, pas loin de l’église Saint-Martin et de l’ancien monastère, coule une source dont l’eau à la réputation de soulager les malvoyants. Remfroid rayonna aussi vers le Nord et c’est pourquoi nous retrouvons des traces de Sainte-Remfroid à Pry ainsi qu’à Oret.

https://trinite-walcourt.be/

Depuis le 15ème siècle, la procession commémore le “miracle du Jardinet”. En 1229, un incendie détruisit l’Eglise de Walcourt, consacrée à Notre-Dame. La statue de la Vierge fût (emmenée par des anges) et retrouvée dans un arbre au lieu dit le Jardinet. Elle n’a pu en être délogée que par l’intervention du Seigneur du lieu, le Comte Thierry, qui promit de faire bâtir une abbaye à cet endroit.

Le jour de la Trinité, la procession emprunte le chemin effectué par la statue, le “Grand Tour”. Le parcours de 7 km est jalonné de plus de 40 chapelles, potales, calvaires ou sanctuaires. à 13h, une reconstitution s’effectue au Jardinet.

La procession est accompagnée des marcheurs en armes et costumes du Premier Empire.

Contenu de va-et-vient

Même si une compagnie de marcheurs participait antérieurement à la marche de Thy-Le-Château, c’est seulement en 1931 que l’on en trouve trace.
Son origine ne nous est pas connue et ne semble pas se rattacher à un fait historique précis comme d’autres marches. Cependant, nous savons que la confrérie Saint-Walhère fut fondée à Gourdinne en 1650, en l’honneur de Saint-Walhère, protecteur du bétail.

Les laneffois fêtent Saint-Eloi le 1er décembre date de sa mort en 659 et le dimanche le plus proche du 25 juin, date correspondant au transfert de ses reliques en la cathédrale de Noyon en France en 1157.
Anciennement les processions étaient rehaussées par la présence d’escortes armées, pour leur protection mais aussi pour rendre les honneurs. Actuellement, les escortes sont fournies par les marches folkloriques.
Au 16ème siècle, on faisait appel aux sociétés de l’époque, par exemple les gildes d’archers ou d’arquebusiers.
Diverses confréries rassemblaient des cavaliers, comme il en arriva à Laneffe. Saint-Eloi était devenu, en effet, le patron des cultivateurs, maréchaux-ferrants et ouvriers du fer.
La marche Saint-Eloi était jadis suivie par de nombreuses compagnies à cheval qui faisaient présent d’un « guidon », comme Florennes, Nalinnes, Walcourt…
Cet usage dura jusqu’à la fin du 18ème siècle quand Joseph II réglementa les processions qui quelques années plus tard furent interdites par les révolutionnaires français.
Le concordat de 1881 rétablit la liberté des cultes. Les processions furent de nouveau organisées et les escortes adoptèrent l’équipement des armées de l’époque par opportunisme.

http://www.marchedethy.be/

Depuis 1617, la paroisse possède une châsse en l’honneur de Saint-Pierre. L’escorte daterait du milieu du 19ème siècle. La Châsse Saint-Pierre a été ciselée en 1617 par l’orfèvre namurois Henri Libert. Ce coffret rectangulaire de 50x53x26 cm en cuivre doré et argent contiendrait notamment les reliques du saint. La châsse est présentée au public pour être vénérée lors de la procession de la marche Saints Pierre et Paul.

L’image de Notre -Dame faisait l’objet d’une vénération à Rome. Ensuite à Vienne et cela depuis 1609, date de sa découverte par le révérend Dominique Ruzzola, père des Carmes. En 1908, les Carmes cédèrent à Berzée, l’image de la Sainte et organisèrent un jubilé en son honneur. Depuis, les pères Carmes concédèrent le culte de Notre-Dame de Grâce à Berzée. Le pélerinnage a lieu chaque année le 2ème dimanche de juillet.

Pour la petite histoire, et d’après l’ouvrage de D. Feys, voici deux manifestations de la puissance de Marie :

  • – “La fille d’Emile Jacques de Berzée, âgée de 5 ans est mourante, atteinte d’une double pneumonie et du croup. Déclarée perdue par les médecins, l’image de Notre-Dame de Grâce est placée sur la poitrine de la fillette ; le lendemain, l’enfant se lève, guérie.”
  • – “En 1923, atteinte de carie des os et de la maladie de Pott, la petite Rachelle Manpacy de Berzée est dans un état grave. Elle sera confessée et communiée par le curé. Le lundi 7 juillet, la petite est debout. Cette guérison s’est produite instantanément le 6 juillet 1924, au cours d’une neuvaine à Notre-Dame de Grâce.”

Une compagnie de Somzée participait autrefois à la marche de Laneffe, c’est toutefois en 1950 qu’une marche locale est organisée, afin de remercier Notre-Dame pour la protection accordée au village pendant la guerre 40-45. Pour l’histoire, aucune victime ne fût à déplorer, tant parmi les civils, les militaires que les prisonniers. Les marcheurs, au nombre de 150 environ, constituent trois groupes second Empire: les sapeurs, les grenadiers et les zouaves. Ils sont immuablement accompagnés par la fanfare royale “Les Patriotes” de Morialmé.

http://users.skynet.be/fraire/ghishist.htm

La marche actuelle date de 1946 mais ses origines sont plus anciennes, 1848. Saint-Ghislain est le protecteur des enfants. En 1848, pour satisfaire à un vœu, Louis Mathieu fait dresser une potale en pierre de 1,70m, dans laquelle il place une statue de Saint-Ghislain ; ce vœu avait été prononcé pour obtenir l’heureuse délivrance de sa femme, dont l’accouchement se présentait mal. A côté de cette potale, il plante un tilleul. En 1890, son gendre, François Flandre, fait construire une chapelle plus imposante, adossée à la potale, c’était cette fois en remerciement pour la guérison d’un enfant

En juillet 1904, sur l’initiative du curé Joseph Durvaux, une « marche » est organisée et placée sous l’égide, non pas du patron de la paroisse, Saint-Remy, mais bien sous celle de Saint-Ghislain dont le culte est devenu populaire dans la commune. Naturellement, le cortège fait halte devant les deux chapelles érigées par les familles Mathieu et Flandre.
Cette marche existe probablement jusqu’en 1911 ; au cours de la procession, des manifestations politiques et antireligieuses se produisent et l’année suivante, elle est supprimée.

En 1923, 60 hommes prennent part à une marche civile, l’essai n’a pas de lendemain.
En 1935, une relique du Saint est octroyée à la paroisse et une procession, sans escorte armée est organisée en septembre. L’année suivante, un reliquaire est acquis et une nouvelle procession se déroule toujours sans escorte. Il faut attendre 1946 et l’autorisation épiscopale pour voir renaître la procession avec escorte armée, fixée depuis 1947 au troisième dimanche de juillet.

 

Des habitants de Berzée participaient antérieurement à la procession de Thy-le-Château. Une compagnie locale sera mise sur pied en 1947 pour disparaître en 1951. Elle reviendra en 1998.
Saint-Marguerite est invoquée pour le maux des reins et une heureuse maternité.

Comme dans les communes voisines, une compagnie du village participait de temps à autre à la marche de Walcourt. C’est en 1975 que se crée la marche locale.

L’image de Notre -Dame faisait l’objet d’une vénération à Rome. Ensuite à Vienne et cela depuis 1609, date de sa découverte par le révérend Dominique Ruzzola, père des Carmes. En 1908, les Carmes cédèrent à Berzée, l’image de la Sainte et organisèrent un jubilé en son honneur. Depuis, les pères Carmes concédèrent le culte de Notre-Dame de Grâce à Berzée. Le pélerinnage a lieu chaque année le 2ème dimanche de juillet.

Pour la petite histoire, et d’après l’ouvrage de D. Feys, voici deux manifestations de la puissance de Marie :

  • – “La fille d’Emile Jacques de Berzée, âgée de 5 ans est mourante, atteinte d’une double pneumonie et du croup. Déclarée perdue par les médecins, l’image de Notre-Dame de Grâce est placée sur la poitrine de la fillette ; le lendemain, l’enfant se lève, guérie.”
  • – “En 1923, atteinte de carie des os et de la maladie de Pott, la petite Rachelle Manpacy de Berzée est dans un état grave. Elle sera confessée et communiée par le curé. Le lundi 7 juillet, la petite est debout. Cette guérison s’est produite instantanément le 6 juillet 1924, au cours d’une neuvaine à Notre-Dame de Grâce.”